Zola : bonheur ou terreur ?

Il y a bien longtemps que je voulais lire ce roman de l’illustre auteur naturaliste Emile Zola. J’ai entendu dire mille choses à propos de lui, de son écriture et force est de constater qu’il est lui aussi soumis aux jugements parfois hâtifs sur la longueur de ses écrits qui se perdraient en descriptions inutiles, en phrases garnies de mots venus d’un autre temps. Bref, Emile Zola serait un peu la terreur des scolaires (et pas que).

C’est bon à savoir

  • Emile Zola est né en 1840 à Paris et y est mort 62 ans après en 1902.
  • Ecrivain et journaliste, Emile Zola c’est un peu comme Edith Piaf et le gratin dauphinois, c’est notre héritage français à nous.
  • Il est le capitaine du bateau naturaliste qui s’étend surtout sur la fin du XIXe siècle.
  • Grossièrement le naturalisme c’est ce mouvement littéraire qui s’entend à présenter des écrits réalistes documentés par un travail minutieux de recherches scientifiques. C’est ainsi que vous entendez régulièrement que Zola est un auteur qui dépeint la société dans laquelle il vit et en fait la critique.
  • Il est publié, commenté et traduit dans le monde entier et t’as forcément déjà dû en entendre parler toi aussi.

 

On oublie, trop souvent, que les romans que l’on qualifie nous-même de classiques de la littérature ne sont finalement « que » les best-sellers de leur époque. Oui Zola c’est un peu J.K Rolling avec quelques années d’avance ! Ainsi Harry Potter pourrait avoir cette étiquette (handicapante il faut le dire) un jour et ça ne changerait rien à cette saga. Des adolescents se pencheront sur l’étude analytique de certains passages bien des années après la sortie de nombreux ouvrages comme nous l’avons fait, le faisons et le ferons encore. N’oublie pas que ces romans ont été écrits pour des lecteurs avant tout. La lecture était un plaisir populaire et comme aujourd’hui, les auteurs « en vogue » vivaient de leurs écrits; il fallait donc écrire pour manger et donc écrire pour plaire.

En fait c’est la sensation de ne pas être à la hauteur, le sentiment qu’on ne peut comprendre ni aimer ce genre d’ouvrage qui brime la curiosité et nous empêche d’aller plus loin. Non, il ne faut pas être un immense lecteur pour lire et aimer Emile Zola, non il ne faut pas être professeur de français pour le comprendre: on est lecteur quand on lit. On peut lire des bandes-dessinées, des documentaires, des romans de Musso, des nouvelles, des mangas, le dernier prix Goncourt ou des albums pour enfants: on sera toujours lecteur.

J’ai lu Au Bonheur des dames, paru pour la première fois il y a 134 ans, en 1883 ; autrement dit ne le cherche pas au rayon des nouveautés !

Pourquoi parler de cette lecture ?

Parce que j’ai été littéralement transportée. J’ai, en effet, été posée sur un trottoir dans cette vieille ville de Paris, face au Bonheur des Dames à contempler l’effervescence de ce gigantesque magasin à l’époque où les rues étaient pavées, les voitures toutes options troquées contre des fiacres et des omnibus et où les femmes portaient de magnifiques toilettes et les hommes parés eux aussi débarquaient à Paris pour y faire fortune.

Nous voici donc pile pendant la Troisième République où Paris change avec l’implantation de nouveaux commerces. Place Gaillon, Denise admire le Bonheur des Dames, ce palais où s’entremêlent tous les plus beaux tissus de France et d’ailleurs et où plus de mille employés s’affairent chaque jour. Nous contemplons la plus grosse machine du commerce parisien et croyez-moi ça fait tout drôle.

C’est là que la plume de Zola nous permet de nous immerger totalement dans cette ambiance singulière. Les quelques descriptions toujours précises nous donnent une vraie image du choc des couleurs, des rumeurs de la rue et du fourmillement à l’intérieur. On ressent le grandiose. Puis on ressent aussi la misère, celle de cette jeune fille d’à peine vingt ans fraîchement arrivée à Paris en compagnie de ses deux jeunes frères dont elle doit s’occuper, sans malle et sans un sou: Denise.

Elle n’est pas franchement belle, ni même gracieuse mais elle a des cheveux splendides et sauvages qui lui donnent un charme certain. Denise se rend chez son oncle suite au décès de son père en province en espérant qu’il puisse l’accueillir elle et ses frères le temps qu’elle trouve un travail et puisse subvenir aux besoins de sa famille. C’est ici que tout commence.

D’un trottoir à un autre on aperçoit Monsieur Baudu dans sa vieille boutique vide et obscure ou le père Bourras avec son petit commerce de parapluies tandis que resplendissent les soies et les cachemires du Bonheur des Dames, il y a Denise qui ne rêve que de travailler au comptoir des confections avec ses tristes et vieux souliers et ces dames toujours vêtues avec le plus grand soin dans des robes éblouissantes d’ornements et de couleurs. C’est le choc des classes, le bouleversement du commerce et des personnages affinés qui font de ce roman une pépite et une lecture bouleversante pour moi.

En bref, j’ai lu Zola et j’ai adoré ça.

 

Jude

nuagecut

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3 réflexions sur “Zola : bonheur ou terreur ?

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