Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee.

Si je te dis qu’aujourd’hui on parle chef d’oeuvre de la littérature américaine vendu en près de 40 millions d’exemplaires à travers le monde, à quel ouvrage penses-tu ?

C’est avec ces seules informations que j’ai ouvert pour la première fois Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de la romancière américaine Harper Lee et tu pourras le remarquer tout au long de ce billet : j’ai vraiment beaucoup apprécié le voyage !
harperlee

Quelques informations sur Harper Lee

Native de Monroeville en Alabama, Harper Lee est une romancière américaine célèbre née en 1926 et décédée en 2016. Fille d’avocat, elle fait des études de droit mais son ami Truman Capote (oui ce nom te dit quelque chose) qu’elle aide dans ses travaux la pousse à devenir écrivain.
Elle écrit To kill a mockingbird (titre original) et le publie en 1960 et chose incroyable plongera dans un immense silence de 55 ans avant de publier un autre livre en 2015.
C’est en 1960 que paraît To kill a mockingbird, une fiction, un roman d’apprentissage qui se nourrit de quelques éléments autobiographiques et qui s’inspire d’un fait-divers ayant fait la Une: une condamnation à mort en Alabama de huit garçons afro-américains entre 12 et 20 ans accusés d’avoir violé deux femmes blanches.
En 1961, l’oeuvre reçoit le prix Pulitzer et est traduit dans le monde entier.
Cela n’aura échappé à personne, cet ouvrage est un portrait d’une société ségrégationniste du sud des états-unis. Harper Lee dénonce radicalement ce racisme ordinaire assumé dans les années 1930.
Tout comme l’auteur, la jeune narratrice Scout Finch est fille d’un avocat réputé commis d’office pour défendre lors de son procès un homme noir accusé d’avoir violé une femme blanche. A Maycomb ville fictive en Alabama, Atticus Finch incarne des valeurs d’égalité entre tous les hommes en 1930 où la ségrégation est à son apogée. A travers le regard d’une enfant, avec humour et compassion, Harper Lee écrit un roman initiatique qui tend à définir la différence comme une véritable richesse.

Pourquoi j’ai aimé ?

Tout d’abord, le contexte; j’ai beaucoup aimé le tableau de cette ville qui semble minuscule où tout le monde s’épie et se tient au courant des affaires des uns et des autres.
Si la première partie du roman est un peu longuette à mon goût elle sert aussi à dresser une sorte de carte de cette bourgade pour comprendre la frontière entre les habitations des blancs et celles des noirs. Cette proximité accentue ce clivage, comme si par delà certaines maisons il n’y avait que du danger.
Pour les personnages, ensuite; faire le choix d’un narrateur enfant est surprenant mais il est d’une efficacité incroyable. On suit Scout de ses 6 à des 10 ans me semble t’il et c’est sans doute grâce à son innocence et sa naïveté d’enfant que le procès prends tant d’importance. Son mécanisme de pensées est généré par ce qu’elle apprend et entend à l’école, dans la rue mais aussi et surtout de son père que l’on dit « ami des nègres ».
Scout est une petite fille impétueuse et si elle fait naître l’essence de ce roman, Harper Lee s’en sert également pour placer avec humour une petite leçon de féminisme en habillant son personnage de salopettes au grand désespoir des dames du village qui voudraient la voir vêtue de robes comme l’impose son sexe et sa condition.
Le personnage qui m’a cependant bouleversée n’est autre qu’Atticus (et je pense que c’était la réaction attendue par Harper Lee pour ce personnage). Homme charismatique et intègre, il incarne l’humanisme, l’ouverture d’esprit et la tolérance. Il rejette la haine et l’ignorance et l’inculque à ses enfants en défendant corps et âme Tom lors du fameux procès où il est accusé de viol.
Pour le procès, bien évidemment; c’est un immense moment de littérature, au delà de cette plume sublime que nous offre Harper Lee, au delà du récit de Scout qui met en avant les contradictions et au delà aussi de l’éloquence d’Atticus Finch, c’est cette manière qu’il a de vous prendre aux tripes, de casser les idées préconçues, de détruire les préjugés, de dénoncer les injustices et opérer une révolte intérieure en chacun. L’acquittement on y croit tout du long, on a envie que l’humanité triomphe mais malgré des preuves irréfutables, Tom sera condamné pour le viol qu’il n’a pas commis. S’il n’y a pas victoire l’histoire ne s’arrête pas là; toute la ville est ébranlée par ce procès qui fut si intense, par Atticus qui a pu faire douter une ville entière et plus rien ne sera jamais comme avant pour Scout.
Le racisme est un thème universel et intemporel, une injustice qui se doit d’être combattue au quotidien car les discriminations existent encore. De la peur et de l’ignorance naît la haine, sachons tirer de l’histoire que l’humanité se construit de différences et de tolérance.
Jude
nuagecut
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